Caissière à l'heure de la crise du coronavirus

Publiée le 15 avril 2020 - Mise à jour le 23 avril 2020

@polher - Les caissières accompagnent discrètement notre vie quotidienne.

Nous les côtoyons 5 minutes une à deux fois par semaine, elles, nous accueillent au fil des heures, chaque jour. Les caissières accompagnent discrètement notre vie quotidienne. Rencontre avec Jocelyne qui continue de travailler pendant le confinement.

Dans "la vraie vie", Jocelyne est l'heureuse mamie de quatre petits-enfants. Passionnée de théâtre, elle occupe habituellement une partie de ses heures de repos « à monter » sur Paris pour voir jouer ses comédiens préférés. Vitry, c'est sa ville ! Après avoir travaillé chez Gestetner (le bâtiment accueillant aujourd'hui les <font face="Times New Roman, serif">É</font>coles municipales artistiques), elle a intégré, il y a 20 ans, l'équipe du Carrefour City du Centre-ville. Elle nous parle de son métier, caissière, à l'heure de la crise du coronavirus.

Comment vivez-vous cette période de crise dans votre travail ?

Difficilement. C'est épuisant physiquement et moralement, puisque nous travaillons en effectif réduit et devons pallier les absences. Même si la direction du magasin a eu la bienveillance de réduire ses horaires d'ouverture, nous sommes parfois contraints de travailler 10 heures par jour. Bien sûr, nous ne sommes pas en première ligne comme les personnels soignants, mais être en seconde ligne n'est pas chose facile. Beaucoup de clients, méprisants, ne se rendent pas compte des efforts que nous devons fournir pour rester aimables et souriants tout en respectant des mesures strictes d'hygiène. Nous comprenons leur stress, mais nous en sommes hélas souvent les victimes collatérales.

Quelles mesures sont prises pour vous protéger et protéger la clientèle ?

Nous sommes équipés de masques, de gants et avons à disposition du gel hydroalcoolique. Nous nettoyons l'espace caisses toutes les deux heures et sommes protégés par un plexiglass. Le plus difficile est de faire respecter la distanciation matérialisée au sol par des bandes adhésives. Nous sommes souvent contraints à rappeler à l'ordre ceux qui, parfois simplement par habitude, oublient cette mesure essentielle de protection et n'apprécient pas que nous leur rappelions. Chaque matin et pendant 2 heures, nous participons au nettoyage du magasin avant son ouverture.

Contrairement aux grandes surfaces, vous êtes une équipe de vente qui se connaît de longue date...

Oui, pour la plupart, heureusement ! Nous sommes privilégiés par rapport aux employés des grandes surfaces. Il y a entre nous un réel esprit d'équipe qui s'est tissé au fil des années, tous métiers confondus. Et même si nous devons également respecter les règles de distanciation et éviter de nous croiser, nous parvenons à trouver de tout petits moments pour souffler et nous détendre ensemble. Mais ce n'est pas facile dans un magasin qui est perpétuellement en réassort pour satisfaire les besoins de la clientèle, et où les personnes affluent toute la journée.

Et quand le rideau se baisse ?

Je rentre me confiner chez-moi, où je retrouve mon mari. Grâce à Internet je reste en contact avec ma famille, mes amis, même si la fatigue me terrasse parfois. J'essaie de sortir un peu pour m'aérer l'esprit. Le plus dur, ce sont les nuits, où le surplus de fatigue et le stress m'empêchent de dormir, repensant aux heurts et comportements agressifs de la journée. Mais il faut continuer. Comment feraient les gens pour manger, si nous n'étions pas là ?

Polher

 
  • Lafrance le 16/04/2020 à 13:31

    Bravo à jocelyne et à toute 'équipe un client fidelePierre LafranceLire la suite

 
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